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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 14:57

Ray-Baretto.jpgOn le surnomme "Manos duras", "les Mains Dures". Fils d'immigrés portoricains né à New York en 1929 Ray a été élevé dans les ghettos latins de Harlem et du Bronx, dans un environnement rempli de musique portoricaine mais avec un amour pour les groupes de swing de Duke Ellington, Count Basie et de Benny Goodman. Ray Baretto a fait passer au premier plan un instrument jusque-là resté dans l'ombre: les congas.

Pièces maîtresses de la musique afro cubaine, ils battent le pouls du Spanish Harlem, le quartier hispanique de New York. Depuis son hit "El Watusi" en 1962, ses congas ont fait la gloire de Barretto. Si une simple rivière sépare le Spanish Harlem où grandit Ray, du Harlem Noir, berceau du jazz new yorkais avec ses superstars Duke Ellington ou Bennie Goodman, les deux mondes ne se fréquentent pas.

 

Le jeune Ray a commencé à jouer dans des descargas (jam sessions, "bœuf") tenues dans le club de jazz Orlando à Munich, durant les années où il remplissait le service militaire obligatoire.

Ray Barretto : "J'ai mis le banjo entre mes jambes et j'ai commencé à jouer en imitant ce que j'avais entendu de Chano Pozo. Quand je suis monté sur scène avec les autres musiciens et que je me suis assis, ils ont vu que j'avais du feeling pour ça. Et c’est là que j'ai réalisé qu'être sur scène avec les musiciens, c'était ma place, c'était mon monde. C'était ça mon vrai monde!"

De retour à New-York en 1951, Ray Barretto jouait des congas dans l'orchestre qui faisait la première partie de Charlie Parker, le génie du bebop. En l'écoutant, ce dernier l'invite à être intégré dans son groupe pour le concert de la nuit. Après cette rencontre, est né le cubop, mélange de bebop et de rythmes latins, lequel a nourri le latin jazz.

 

Puis il intègre l'orchestre de Tito Puente ou il reste pendant quatre ans. Il intervient également comme musicien de studio dans des enregistrements de type « rhythm and blues » tels que Garland, Gene Ammons et brièvement, Herbie Mann.

 

En 1961, la maison de disques Riverside a décidé de s'attaquer au marché de la musique latine. Ils contactent Barretto qui forme un orchestre de charanga. « Pachanga with Barreto » a été le premier des deux disques que Ray a enregistrés avec eux. Mais devant le mécontentement de l'expérience, il a changé de maison de disques pour entamer une nouvelle stratégie musicale.

 

En enregistrant pour la maison de disques Tico, Barretto a obtenu son premier succès avec la chanson « El watusi » en 1963, première chanson latine en pénétrer le hit-parade Billboard aux États-Unis. Après plusieurs albums avec Tico, Barretto a signé avec la maison de disques UA avec l'espoir d'obtenir une plus vaste distribution de ses disques. Avec eux il effectue des productions comme « Ray Barretto Señor 007 ». Mais devant le manque d'efficacité sur le marché, il décide de signer chez Fania, récemment formée en 1967. Son premier disque pour le label, « Acid », a été une expérience de fusion avec le « rhythm and blues » qui lui a valu l'attention du public latino.

 

Ray Barretto se lance dans la salsa. En même temps, il a pris part à des enregistrements de figures anglos-saxonnes comme Cal Tjader, Average White Band et les Bee Gees (sur Wind of Change), entre autres.

 

Depuis 1968, il a fait partie de la Fania All-Stars, et avec des disques comme « The Message », « Power » et « Indestructible », il devient un artiste majeur de la musique tropicale.

 

En 1973, il voit certains de ses musiciens le quitter pour former le groupe Típica’73. Un de ses grands succès dans cette période a été son disque « Barreto », qui en 1975 a obtenu une nomination aux Grammy Awards.

Pendant ces années sont passés dans son orchestre des grands chanteurs tels qu'Adalberto Santiago, Tito Allen, Rubén Blades, Tito Gómez et Ray de La Paz.

 

De 1976 à 1978, il a enregistré trois disques de jazz pour la maison de disque Atlantic Records. L'un d'eux, « Barretto Live... Tomorrow », a été nommé pour un Grammy.

 

En 1979 il retourne chez Fania pour des enregistrements de salsa, en produisant un album considéré par les critiques comme un classique : « Ricanstruction ». Ce dernier a été proclamé par la revue Latin N.Y. comme « Meilleur Album » de 1980, et Barretto a été également distingué comme conguero de l'année.

 

Pendant les années 1980, Ray a éprouvé une diminution dans sa popularité. Toutefois de nouvelles nominations aux Grammy ne se sont pas fait attendre : la production « Ritmo de la Vida » et en 1990 le disque « Ritmo en el Corazón », lequel a disposé la participation de la chanteuse Celia Cruz.

 

Durant les années 1990, Ray Barretto a continué sa carrière en gravitant entre ses deux grandes passions - le latin jazz et la salsa - en enregistrant des disques des deux types et en voyageant par les États-Unis, l'Europe et l'Amérique du Sud.

 

Le 17 février 2006, il décède au Centre médical universitaire d'Hackensack (New Jersey) de complications postopératoires liées à un quintuple pontage coronarien.

 

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