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9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 23:46

Le mot « Salsa », signifiant « mélange » ou « sauce » en espagnol est apparu pour la première fois en 1932 dans un Son du cubain Ignacio Pinero qui a pour titre « Echale Salsita » (balancez la sauce). Mais c'est Izzy Sanabria, journaliste et promoteur du Fania Label, qui a introduit ce terme en 1974 pour regrouper sous un même nom et promouvoir la musique latino-américaine : le Son, le Guanguanco, le Bolero, le Mambo, le Cha Cha Cha, la Rumba, la Timba, etc.


Nuno et Vanda
: Chorégraphie présentée au concours : "Aqui ha Talento" en Espagne


L'ingrédient principal de cette « sauce » vient de Cuba, place centrale des cultures caribéennes. Un fabuleux panachage de chansons espagnoles se mêlant aux rythmes africains (Yoruba, Lucumi, Bantu et Cango) et à la contredanse donnent naissance :
- au Son (Est de Cuba),
- aux Guajiras (chansons de la population hispanique)
- à la Rumba afro-cubaine (le Guaguanco et le Yambo),
- au Danzon et la Danza (danses populaires cubaines),

Imaginez : durant la première moitié du vingtième siècle, la Havane, grouillant de touristes américains. Beaucoup de musiciens s'engagent dans les nombreuses discothèques et développent un très haut niveau culturel et musical qui fait rapidement le tour des caraïbes, puis conquiert le Mexique, la Floride et les USA.

Dès les années 1930, le tube « El Manisero » de Dan Azapiazu y su Havana orchestra donne le départ à la rumba aux Etats-Unis.

En 1949, c'est au tour du mambo avec le Cubain Damaso Perez qui fait un tabac avec « Que rico es el Mambo ». Citons également Benny More et Perez Prado, deux autres cubains qui ont largement contribué au développement du mambo en Amérique. Ces échanges culturels permettent la fusion des rythmes cubains avec le jazz américain. Les instruments à vent viennent colorer la musique latine. C'est le départ des grands orchestres de Charangas.

A l'origine de ce « mariage d'amours réciproques » (Machito), trois Cubains : Machito, Mario Bauz et Chico O'Farril. Puis dans les années 1950 les « Mambo Kings » portoricains : Tito Puente et Titi Rodriguez font vibrer les danseurs endiablés au Palladium Palace qui développent un nouveau style de danse en ligne en s'inspirant des danses afro-cubaines et des danses de salon américaines (Boogie-Bogie, Swing, Rock). Arrive « La Revolution » sanctionnée par le blocus américain.

Les fructueux échanges culturels avec Cuba s'arrêtent. Après l'apogée des Mambo Big Bands du début des années 1960, les grands orchestres latino-américains se démodent. Le légendaire Palladium Palace ferme ses portes. La musique cubaine est retranchée dans les banlieues de Manhattan, de Harlem et du Bronx. Pendant ce temps, le Rock&Roll bat son plein. Sa fusion avec les rythmes latino-américains aboutit en 1966 au Twist et au Boogaloo qui influera fortement la salsa, de même que le latin-jazz (« Cachao » de Israel Lopez).

En 1964, Johnny Pacheco et son avocat Jerry Masucci fondent le label « Fania » qui regroupe les plus grands noms de la scène latino-américaine. Pour les promouvoir, ils organisent en 1968 un concert au Red Garter de Greenwich Village qu'ils nomment « Fania All Stars ». Devant le succès, ils organiseront un deuxième concert le 26 août 1971 au Cheetah qu'ils filmeront. En 1972, ils réalisent le film « Our Latin Thing ». La Fania a besoin d'un mot qui résumait à lui seul toute la musique latine, un mot fédérateur dans lequel tous les artistes se retrouveraient.

En 1973, Izzy Sanabria, illustrateur de la Fania, utilise le mot « Salsa » dans le magazine « Latin New-York » pour illustrer cette musique latine.

En novembre 1973 démarre à la télévision New-Yorkaise une émission sous le nom « Salsa TV Show ». Dès lors, pour notre plus grand bonheur, la salsa a fait le tour du monde et ne cesse d'ensorceler ses nouveaux adeptes !

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Publié par salsa - dans Extra
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